Secrets de salon


L’Ayurveda, le secret de beauté des chevelures indiennes

28 September 2015
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La beauté des Indiennes, à  la chevelure épaisse et brillante, fait des envieuses… Issues de traditions millénaires, leurs recettes de soins capillaires à base d’ingrédients naturels se transmettent de mère en fille. Focus sur leurs secrets de beauté.

 L’Ayurveda, un rituel de beauté millénaire

Elles s’appellent Aishwarya Rai, Freida Pinto ou Sonam Kapoor… Comment font ces reines de Bollywood pour garder des cheveux si soyeux ? La réponse se trouve dans l’Ayurveda. Dérivé du sanskrit, le terme « Ayurveda » signifie « science de la vie ». Selon les principes de l’Ayurveda, la beauté intérieure de la femme, l’harmonie entre son âme et son esprit, révèlent sa beauté extérieure. La médecine traditionnelle ayurvédique reconnaît les plantes comme facteur de santé et de bien-être.

Afin d’atteindre l’équilibre entre les forces vivantes de la nature, il faut se soigner en fonction du dosha, ou profil ayurvédique, auquel on appartient. Un peu à la manière du classement par phototypes – qui permet de connaître la sensibilité de sa peau face au rayonnement solaire – le dosha établit des catégories, prenant en compte plusieurs critères tels que la coloration et la texture de la peau, le type de chevelure et la qualité des ongles.

Des recettes à base d’ingrédients naturels

En Inde, les mères confient leur savoir-faire en matière de soins esthétiques et  capillaires à leurs filles qui transmettront à leur tour ces recettes ayurvédiques, composées de plantes aux actions bienfaitrices et médicinales.

Aujourd’hui encore, nombreuses sont les Indiennes qui privilégient les produits de beauté à base de plantes. Simples et efficaces, ils sont préparés à partir d’ingrédients naturels : henné, huiles de coco, de jasmin et de sésame, poudre de yaourt et de riz, fleurs, amande douce, huiles essentielles. Chaque plante entrant dans la composition d’un soin ayurvédique agit sur différents niveaux, de la surface du corps jusqu’à sa plus grande profondeur, l’esprit.

Certaines plantes sont même sacrées en raison de leur symbolique spirituelle. C’est le cas de l’hibiscus, utilisé en poudre pour la constitution de shampooing doux et nutritif, associé à l’amla ou au bringharâj. Cette dernière tient aussi une place très importante dans la beauté indienne, notamment dans les soins de la chevelure : elle permet de garder sa couleur naturelle le plus longtemps possible et d’éviter la chute des cheveux.

Pour des cheveux brillants et pleins de vitalité

Le monde entier envie les cheveux longs, brillants et épais des Indiennes. Pour les entretenir, elles suivent un rituel bien précis, comme l’explique le coloriste Pascal Tribouillier, passionné par le pays des Maharadjahs, à I love beauty : « une fois par semaine, les femmes indiennes se brossent les cheveux entre elles, puis elles massent leur chevelure d’huile ayurvédique (à base de sésame, coco, neem, amla, brahmi…) qu’elles appliquent longuement jusqu’aux pointes, avant de tresser et laisser poser. Au bout d’environ trois heures, elles font un shampoing – le mot shampoo signifie « masser » en sanskrit – avec une poudre lavante. Enfin, elles sèchent leurs cheveux avec une sorte de grande passoire où chauffent des cailloux d’encens odorants ».

Les poudres ayurvédiques sont un élément phare de la routine beauté en Inde. Les femmes se servent notamment du henné : en se préparant une poudre à partir de l’écorce et des feuilles de ce végétal, elles obtiennent un produit naturel et efficace pour se laver les cheveux. Le henné donne du volume, une texture soyeuse et protège le cuir chevelu. Il est également utilisé pour la teinture des cheveux.

L’autre secret des Indiennes, c’est l’utilisation d’huiles : huile d’amande douce, de neem ou de coco. Appliquées en masques ou en bains de tradition ayurvédique (comme le pizhichil), ces huiles libèrent leurs bienfaits nutritionnels et leurs parfums. L’actrice indienne Sonam Kapoor décrit ainsi son rituel beauté 100% indien : « pour les cheveux, ma mère et ma grand-mère utilisaient de l’huile d’amande douce et de l’huile de coco. J’aime mixer les deux et ajouter de l’huile de Shikakai que l’on trouve en Inde. Je laisse poser sur les longueurs deux fois par mois. Et si vous ajoutez un masque par dessus, c’est encore plus extraordinaire ».

Les Indiennes adoptent un rapport de soin et de protection avec leurs cheveux, qu’elles considèrent comme une plante. De fait, le cuir chevelu est perçu dans le sous-continent Indien comme une extension de l’épiderme et reçoit la même attention. Le rituel capillaire ayurvédique, qui permet de redonner éclat et vitalité, fait donc partie intégrante du quotidien des Indiennes. Le massage de la tête n’est toutefois pas réservé aux femmes. Coiffeurs et masseurs l’ont intégré dans la gamme des services qu’ils offrent à leur clientèle masculine, et nombreux sont les Indiens convaincus de leurs effets positifs contre la calvitie et le grisonnement précoce.

Des soins qui inspirent les professionnels

L’efficacité des soins issus de l’Ayurveda n’est plus à prouver. Au contraire, elle inspire de nombreux professionnels qui cherchent à développer des produits tout aussi bénéfiques, suivant la tendance de la coiffure verte. C’est le cas de Pascal Tribouillier et Gil Grillo, dont la démarche naturelle et éco-responsable Daynà s’est nourrie de l’observation de la chevelure des Indiennes : « Là-bas, 95% des femmes possèdent la même longueur et texture de cheveux. Mais plus je voyageais dans les terres, plus je m’éloignais des villes et plus je trouvais que les femmes avaient des cheveux sublimes. Leur notion de la cosmétique est très différente de la nôtre, l’herboristerie ayurvédique étant un point central de leur beauté. »

Si les clientèles occidentales sont friandes de ces soins capillaires nouveaux, ils intéressent aussi le marché indien. Car les Indiennes modernes n’ont plus le temps de perpétuer la routine de leur mère ou de leur grand-mère. S’inspirer des coutumes locales en apportant la modernité technologique constituerait-il la clé d’une beauté mondialisée ?

Pauline Louis
Crédits photo ©La Priz Hampi via Flickr CC et ©Dayna

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