Secrets de salon


Dans les coulisses de l’Opéra de Paris

26 January 2017
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Dans quelques heures, le rideau se lèvera sur la scène de l’Opéra de Paris. Mais pour l’instant, dans une loge cachée dans les entrailles de l’Opéra Bastille, la soprano Nadine Sierra se prépare à endosser le rôle de Pamina, la jeune et innocente héroïne de La Flûte enchantée. L’occasion pour FAB d’échanger avec la chanteuse de 28 ans et Andrea Klesch, la coiffeuse-maquilleuse qui collabore avec elle sur cette production.

FAB : Vous souvenez-vous de la première fois où vous vous êtes assise dans une chaise comme celle-ci, avant une représentation ?

Nadine Sierra : Je m’en souviens parfaitement. J’avais seize ans et je jouais le Marchand de Sable dans une production de Hansel et Gretel au Palm Beach Opera. C’était une forme de reconnaissance pour tout le travail accompli afin d’en arriver là. En me voyant dans le miroir, avec mes cheveux faits, mon maquillage et mon costume, j’ai réalisé à quel point j’étais chanceuse. À Broadway, les artistes doivent s’occuper seuls de réaliser leurs looks. Moi, j’ai quelqu’un pour s’occuper de moi avant le spectacle !

Crédit photo : Jérôme Cuenot

FAB : C’est la seconde fois cette saison que Nadine joue à l’Opéra de Paris. Est-ce la première fois que vous collaborez ensemble toutes les deux ?

Andrea Klesch : Nous avons déjà travaillé ensemble la saison dernière, pour une production de Don Giovanni. Pour La Flûte enchantée, je m’occupe de deux chanteurs dont Nadine. Je m’estime incroyablement chanceuse de travailler avec elle.

N.S. : Andrea était là pour mes débuts à l’Opéra de Paris ! J’ai appris que nous allions de nouveau collaborer pour La Flûte enchantée en septembre dernier, et j’avoue que cela m’a beaucoup rassurée. Les artistes n’ont généralement pas leur mot à dire dans le choix des professionnels de beauté qui vont s’occuper d’eux. Alors c’était une agréable surprise.

Crédit photo : Emilie Brouchon

FAB : Est-ce important de travailler avec un coiffeur que l’on connaît bien ?

N.S. : Absolument. Quand vous rencontrez un styliste avec qui vous vous entendez bien et qui sait ce que vous aimez pour vos cheveux, vous pouvez vraiment collaborer et cela fait une grosse différence. En tant qu’artistes, nous souhaitons bien sûr ressembler à notre personnage, mais également y insuffler une partie de nous-mêmes. Andrea comprend cette approche et sait à quel point il est important de se sentir bien dans un look pour pouvoir convaincre le public que l’on a en face de soi.

Crédit photo : Jérôme Cuenot

FAB : Le look de votre personnage de Pamina est très sobre, avec des cheveux qui sont simplement laissés longs. C’est une approche très différente des productions habituelles de La Flûte enchantée, où les personnages sont plus extravagants. Est-ce que ce n’est pas plus compliqué de rentrer dans un personnage, dans ce cas-là ?

N.S. : Le look de Pamina est très doux, très nude, en effet. C’est à mon avis le look parfait, en ce qu’il témoigne parfaitement de la nature du personnage et qu’il est en accord avec le reste de la production. Il permet de raconter l’histoire de Pamina, une jeune fille dont le public va suivre la quête initiatique. Sa fragilité et sa pureté sont des arguments essentiels pour que les spectateurs s’attachent à elle. Dans la production, elle a l’air si innocente que l’on a envie de prendre son parti et de la voir triompher.

FAB : Avez-vous votre mot à dire dans le look final des personnages ?

A.K. : Personnellement, non. Cela revient à la conceptrice des costumes et des coiffures, Petra Reinhardt, qui m’explique ce qu’elle attend. Il me faut ensuite adapter ses demandes aux cheveux de l’artiste, ainsi qu’aux conditions de la scène. Sur cette production, il a fallu prendre en compte la nature très fine des cheveux de Nadine afin de réaliser un style naturel qui tienne pendant les trois heures de spectacle.

Crédit photo : Emilie Brouchon

FAB : Et quel est le secret ?

N.S. : La laque ! Nous en utilisons des tonnes. Et Andrea me suit pendant la représentation pour faire des retouches en cas de besoin. À l’entracte, nous refaisons des boucles. Le fait est que mon personnage se roule beaucoup dans la terre, enfin dans la boue, dans cette production… D’autres créateurs de costumes m’auraient demandé de porter une perruque, mais je sais qu’Andrea peut faire des miracles avec mes cheveux.

A.K. : Cela fait dix-sept ans que je travaille à l’Opéra de Paris et, avant cela, j’ai collaboré avec le Cirque du Soleil et travaillé pour la télévision en Allemagne. Je sais tout faire. Ou presque !

Pour voir, écouter et admirer Nadine Sierra et le travail d’Andrea Klesch, réservez votre place à l’Opéra Bastille pour La Flûte enchantée jusqu’au 23 février 2017.